Ransomware : Comprendre et contrer cette menace

Vous pensez que ça n’arrive qu’aux autres, aux grandes entreprises, aux hôpitaux, pas à vous. Et pourtant. En octobre 2025, le groupe Qilin paralysait 80 % des lycées des Hauts-de-France, 60 000 ordinateurs hors service, des cours annulés pendant des semaines. En avril 2024, un ransomware frappait l’hôpital de Cannes, ses opérations paralysées, 61 gigaoctets de données médicales publiés sur le dark web. Le ransomware ne discrimine pas : il frappe les collectivités, les hôpitaux, les lycées, et souvent là où on ne l’attendait pas.
Qu’est-ce qu’un ransomware ?
Un ransomware, ou rançongiciel en français, est un malware dont l’objectif est simple : chiffrer vos données pour vous les rendre inaccessibles, puis exiger une rançon en cryptomonnaie pour vous remettre la clé de déchiffrement.
La menace est financièrement motivée, industriellement organisée, change et évolue en permanence. Elle touche aussi bien les particuliers que les PME, les hôpitaux et les collectivités locales.
Comment ça marche : le vecteur d’attaque avant tout
Le ransomware ne tombe pas du ciel. Il entre par une porte que quelqu’un lui a ouverte, souvent sans le savoir.
Les vecteurs d’entrée les plus courants sont le phishing (un mail frauduleux avec une pièce jointe ou un lien), l’exploitation d’une faille dans un logiciel non mis à jour, ou l’utilisation d’identifiants volés pour accéder à distance à un système. Une fois à l’intérieur, le ransomware se déploie silencieusement, chiffre les fichiers accessible, parfois sur tout le réseau, et affiche ensuite sa demande de rançon.
Ce qui a changé depuis quelques années, c’est l’organisation derrière ces attaques.
Typiquement, le ransomware s’introduit dans les systèmes en exploitant des failles de sécurité ou en utilisant des techniques d’Ingénierie sociale.

Le ransomware est devenu une industrie
Le modèle RaaS (Ransomware-as-a-Service)
Les groupes cybercriminels les plus actifs ne se contentent plus d’attaquer eux-mêmes. Ils fonctionnent comme des franchises : ils développent le ransomware, le mettent à disposition d’affiliés qui mènent les attaques, et prennent une commission sur les rançons. Ce modèle, baptisé RaaS (Ransomware-as-a-Service), a considérablement industrialisé la menace et abaissé la barrière technique pour les attaquants.
LockBit, BlackSuit, Phobos ou encore Qilin, ce dernier responsable de l’attaque contre les lycées des Hauts-de-France en 2025, sont des exemples de groupes ayant opéré selon ce modèle.
Double et triple extorsion : la rançon ne suffit plus
L’époque où le ransomware se contentait de chiffrer et de demander de l’argent est révolue. Les groupes actuels pratiquent désormais la double extorsion : ils exfiltrent vos données avant de les chiffrer, puis menacent de les publier sur le dark web si vous ne payez pas. Certains vont encore plus loin avec la triple extorsion : ils contactent directement vos clients, partenaires ou patients pour accentuer la pression.
Payer la rançon ne garantit donc ni la récupération des données, ni leur non-publication.
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Ce qui se passe en France
Selon le rapport d’activité 2024 de Cybermalveillance.gouv.fr, la plateforme nationale d’assistance aux victimes de cyberattaques, le rançongiciel occupe la 2e place des menaces pour les collectivités et administrations (19 % des demandes d’assistance) et la 3e place pour les entreprises (12 %). Une légère accalmie en volume par rapport à 2023, mais la menace reste structurelle et les cas graves continuent.
Côté exemples concrets, les faits parlent d’eux-mêmes. Le 16 avril 2024, le Centre Hospitalier Simone Veil de Cannes est frappé par LockBit : un serveur de fichiers et 15 % des postes de travail chiffrés, les opérations non urgentes reportées, la cellule de crise activée. L’hôpital n’a pas payé la rançon, la loi l’interdit aux établissements publics.
LockBit a publié 61 gigaoctets de données (bilans médicaux, cartes d’identité, bulletins de salaires) sur le dark web. En février 2024, le centre hospitalier d’Armentières avait dû fermer temporairement ses urgences suite à une attaque similaire, avec 300 000 dossiers patients exfiltrés.
En mars 2024, la mairie de Lille voyait ses services administratifs paralysés pendant trois semaines.
Ces exemples illustrent un point important : ne pas payer la rançon ne signifie pas s’en sortir indemne. La vraie menace, c’est la double extorsion, les données sont volées avant d’être chiffrées, et leur publication devient le levier de pression réel.
Prévention : ce qui fonctionne vraiment
La prévention reste la seule défense efficace, à condition de ne pas se contenter des conseils génériques.
Maintenez vos logiciels à jour, sans exception. La majorité des attaques exploitent des failles connues, pour lesquelles des correctifs existent mais n’ont pas été appliqués. Les environnements de santé sont particulièrement exposés : près de 20 % des postes de travail dans les hôpitaux publics ont plus de sept ans ou un système d’exploitation hors maintenance ou obsolète.
Méfiez-vous des mails, même des mails plausibles. L’ingénierie sociale s’est affinée. Un mail de phishing moderne imite parfaitement une notification de votre banque, de La Poste, ou d’un collègue. Ne cliquez jamais sous l’effet de l’urgence ou de la peur, c’est exactement ce que cherche l’attaquant.
Activez l’authentification à deux facteurs sur tous vos comptes et accès distants. Un mot de passe volé seul ne suffit plus à ouvrir une porte si un second facteur est requis.
Segmentez votre réseau si vous êtes en contexte professionnel. Un ransomware qui se propage latéralement sur un réseau plat est bien plus dévastateur que sur un réseau correctement cloisonné.
Sauvegardes : la seule vraie assurance
Si une attaque réussit malgré tout, votre seul recours réel est une sauvegarde propre, récente, et hors ligne, c’est-à-dire non connectée à votre réseau principal. Un ransomware chiffre tout ce qu’il peut atteindre : une sauvegarde en ligne ou synchronisée en temps réel sera chiffrée en même temps que vos données.
La règle 3-2-1 reste la référence : trois copies de vos données, sur deux supports différents, dont une copie hors site. Les solutions de stockage cloud avec gestion de versions permettent aussi de restaurer à un état antérieur à l’attaque, à condition que la fonctionnalité soit activée avant l’incident.
Et si vous êtes victime d’un ransomware : les bons réflexes dans l’ordre
Isolez immédiatement l’appareil ou le réseau concerné, déconnectez le câble réseau, désactivez le Wi-Fi. Cela limite la propagation.
N’éteignez pas les machines infectées sans avis d’expert : certaines clés de déchiffrement résident en mémoire vive et disparaissent à l’extinction.
Ne payez pas sans avoir consulté un professionnel. Le paiement ne garantit rien et finance la prochaine attaque.
Déposez plainte auprès des autorités (Police, Gendarmerie) et signalez l’incident sur cybermalveillance.gouv.fr, qui peut orienter vers des prestataires spécialisés.
Restaurez depuis vos sauvegardes après avoir assaini l’environnement, pas avant.
Le rôle du VPN dans ce contexte
Un VPN ne protège pas contre le ransomware en tant que tel. Il serait malhonnête de prétendre le contraire.
En revanche, il intervient sur deux points précis. D’abord, il chiffre votre connexion sur les réseaux non sécurisés (Wi-Fi public, hôtels, coworking), réduisant le risque d’interception d’identifiants qui pourraient ensuite servir de vecteur d’entrée. Ensuite, dans un contexte de télétravail, l’accès distant via VPN d’entreprise correctement configuré limite la surface d’exposition par rapport à un accès RDP ou à des connexions non sécurisées, vecteur d’entrée massif dans les attaques ransomware recensées en 2024-2025.
Pour une protection contre les fichiers malveillants eux-mêmes, il faut s’orienter vers des solutions complémentaires : antivirus, EDR, ou des suites intégrées comme Surfshark One qui combinent VPN et protection antivirus. Des plateformes comme NordStellar permettent quant à elles aux entreprises de surveiller leur exposition sur le dark web, notamment la mise en vente de leurs identifiants compromis, une source d’entrée pour les attaques ransomware.
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A propos de l'auteur : Lisa
Fondatrice de VPN Mon Ami
Lisa est une experte en cybersécurité avec plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des VPN. Lisa écrit de nombreux articles pour sensibiliser les internautes à la confidentialité en ligne.








