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Cyberharcèlement : Au cœur d’un fléau numérique

par | 6 Oct 2023 | Réflexions et analyses

La cyberculture n’a pas que du bon et influence nos comportements. Véritable manifestation toxique de la culture numérique, le cyberharcèlement est l’une des facettes les plus sombres de cette révolution. En France, ces derniers temps, l’actualité a été riche en débats autour de la régulation du numérique. Alors que les likes, partages et commentaires façonnent notre perception sociale, ils sont détournés comme armes d’intimidation et d’humiliation.

La France, comme de nombreux pays, a vu une augmentation exponentielle de l’utilisation des réseaux sociaux comme Snapchat et Instagram. Cela a créé un terrain fertile pour les harceleurs, les fanatiques et, osons le dire, les tarés. Ce n’est pas seulement un problème pour les jeunes. Les adultes, les professionnels, et même les célébrités en sont victimes. Les répercussions vont bien au-delà du monde numérique. Elles affectent la santé mentale, la confiance en soi et peuvent même conduire à des conséquences tragiques. Récemment, le cas de Magalie Berdah (difficile de passer à côté) et la montée du cyberharcèlement scolaire en France ont été très largement couverts par les médias. Toutefois, ces cas très médiatisés ne représentent que la pointe de l’iceberg. Selon une étude de Panda Security, 38% des personnes sont quotidiennement victimes de cyberintimidation sur les plateformes de médias sociaux, illustrant l’ampleur du problème au-delà des cas largement relayés par les médias.

Nous avons tous une vague idée de ce qu’est le cyberharcèlement, reconnaître les signes et agir efficacement n’est pas toujours simple. Voici un guide pratique pour vous aider.

Qu’est-ce que le cyberharcèlement ?

Le cyberharcèlement, également appelé harcèlement en ligne, est le fait de tenir des propos ou d’avoir des comportements répétés via Internet ayant pour but ou effet une dégradation des conditions de vie de la victime.

Ces actes peuvent se manifester sous forme de commentaires, vidéos, montages d’images, messages sur des forums, et autres contenus numériques. Ils peuvent avoir des conséquences graves sur la santé physique et/ou mentale de la personne harcelée, se traduisant par de l’anxiété voir une dépression.

C’est la fréquence des propos et leur teneur insultante, obscène ou menaçante qui caractérisent le harcèlement. Le cyberharcèlement est considéré comme un délit en France, avec des sanctions renforcées si la victime est âgée de moins de 15 ans. L’arrestation musclée en plein cours d’un cyberharceleur le 18 septembre dernier est un des exemple les plus récents.

Taquinerie ou harcèlement, où se situe la frontière ?

La taquinerie est un jeu amical entre amis sans intention de nuire. Le harcèlement est une agression répétée visant à blesser ou humilier.

La ligne du cyberharcèlement est franchie lorsque les commentaires et les messages sont multipliés de manière intentionnelle, dans le but de causer une détresse émotionnelle, physique ou psychologique à la personne ciblée, sans égard pour ses sentiments et sans tenir compte de ses protestations.

Au délà du simple troll : les différents types de cyberharcèlement

Petit tour d’horizon non-exhaustif, des différentes formes que peuvent prendre les percussions en ligne.

Cyberstalking : Traquer une personne en ligne en exploitant les informations personnelles qu’elle partage.

Partage non consenti de contenus intimes : C’est la diffusion non-autorisée de contenus intimes (shaming, pornorevanche, etc..). Une variante spécifique, appelée doxxing, se concentre sur la divulgation d’informations personnelles dans le but de nuire ou d’exposer la victime à d’autres formes de harcèlement.

Usurpation d’identité : Utilisation frauduleuse des informations personnelles d’une personne pour effectuer des transactions ou créer de faux profils.

Swatting : Canulars dangereux visant à déclencher une intervention policière chez une personne innocente.

Harcèlement sexuel en ligne : Prédateurs utilisant des plateformes en ligne pour objectiver, harceler ou arnaquer leurs victimes.

Cyberharcèlement scolaire : Harcèlement en ligne ciblant les élèves, souvent une extension du harcèlement qu’ils subissent à l’école.

Et la liste pourrait se poursuivre encore longtemps…

Ces différentes formes de cyberharcèlement ne sont pas mutuellement exclusives. En effet, un harceleur peut combiner plusieurs méthodes, intensifiant ainsi la gravité de ses actions et le traumatisme pour la victime.

Illustration : personne harcelée

« Name and Shame » : Outil de Responsabilisation ou Cyberharcèlement ?

Qu’est-ce que le « name and shame » ?

Le « name and shame » (littéralement « nommer et faire honte ») est une pratique consistant à exposer publiquement une personne ou une organisation pour un comportement jugé répréhensible ou inacceptable. L’objectif est souvent de les pousser à rendre des comptes ou à changer de comportement en utilisant la pression sociale.

Le « name and shame » est-il du cyberharcèlement ?

Tout dépend du contexte, de l’intention et des conséquences.

  • Contexte : Si le « name and shame » est utilisé pour dénoncer une injustice, un acte illégal ou un comportement contraire à l’éthique, il peut être considéré comme un moyen légitime d’attirer l’attention sur un problème. Par exemple, dénoncer une entreprise polluante ou un individu coupable de harcèlement sexuel.
  • Intention : Si l’intention derrière le « name and shame » est purement de nuire, de se venger ou de causer du tort à quelqu’un sans fondement valable, alors cela peut être considéré comme du cyberharcèlement. L’intention malveillante est un élément clé.
  • Conséquences : Si la personne ou l’organisation visée par le « name and shame » subit des préjudices disproportionnés, comme des menaces, de la diffamation ou d’autres formes de harcèlement, alors la pratique peut basculer dans le cyberharcèlement.

Prenons l’exemple récent de Magalie Berdah et Booba. Ce qui a commencé comme une campagne de « name and shame » de la part du rappeur à l’encontre de la fondatrice de Shauna Events s’est rapidement transformé en une situation incontrôlable. Ce qui aurait pu être une simple dénonciation a rapidement basculé vers une longue campagne de harcèlement, illustrant à quel point la frontière entre « name and shame » et cyberharcèlement est ténue.

Mise au point !
Je tiens à souligner que mon approche se base uniquement sur la présentation des faits, sans inclinaison ni préjugé à l’égard des parties impliquées. Pour ce qui est des jugements et des décisions, il appartient à la justice de trancher.

Le « name and shame » peut être à la fois un outil de responsabilisation et une forme de cyberharcèlement. Tout dépend de la manière dont il est utilisé. Comme toujours, la clé est la modération, le discernement et le respect des droits de chacun.

Que faire pour se défendre face au cyberharcèlement ?

Face au harcèlement en ligne, voici quelques recommandations :

Ne pas répondre : La première réaction à avoir est de ne pas répondre à l’agresseur. En effet, répondre ou chercher à se venger peut alimenter le conflit et attirer d’autres harceleurs.

Alertez une personne de confiance : Si vous êtes victime, ne restez pas isolé. Parlez-en à un proche, un ami ou une personne en qui vous avez confiance. Pour les mineurs, la plateforme Net Ecoute au 3018 offre une écoute et une aide.

Conservez des preuves : Faites des captures d’écran des messages ou contenus malveillants. Ces preuves peuvent être essentielles si vous décidez de porter plainte.

Protégez-vous : Modifiez les paramètres de confidentialité de vos comptes sur les réseaux sociaux, bloquez les harceleurs et signalez les contenus inappropriés aux plateformes concernées. La plateforme Pharos permet d’alerter les autorités sur des contenus ou comportements illicites sur Internet. Faites des demandes de retrait.

Portez plainte : Agissez tout de suite ! N’hésitez pas à porter plainte auprès des autorités compétentes. Vous pouvez effectuer un signalement en ligne à la police ou à la gendarmerie (Composez le 17, Vous pouvez également contacter le 112). Le cyberharcèlement est sanctionné par des peines d’amendes et/ou de prison, et les sanctions sont renforcées si la victime est âgée de moins de 15 ans.

Ne lachez rien !

Illustration :  cyberharcèlement

Pour conclure : une question d’anonymat

Difficile de parler de cyberharcèlement sans évoquer la question de l’anonymat en ligne. Récemment, les VPN sont devenus un sujet polémique. Si, techniquement, un VPN ne rend pas un utilisateur totalement anonyme, il masque suffisamment l’identité pour poser problème, en particulier sur les réseaux sociaux. Soyons honnête, l’anonymat est un véritable carburant du cyberharcèlement, permettant aux harceleurs d’agir sans crainte de conséquences. Toutefois, priver la population des moyens de se protéger en ligne pourrait avoir de lourdes conséquences et potentiellement mettre en péril la confidentialité et la sécurité des individus. Les débats sur la protection de la vie privée et la sécurité en ligne sont loin d’être terminé.

Chaque jour, vous êtes de plus en plus nombreux à consulter nos pages et à nous poser des questions pour comprendre comment sécuriser vos données personnelles et réduire votre suivi en ligne. Merci pour votre intérêt et vos nombreux partages !
A propos de l'auteur : Lisa

A propos de l'auteur : Lisa

Fondatrice de VPN Mon Ami

Lisa est une experte en cybersécurité avec plus de 12 ans d'expérience dans le domaine des VPN. Lisa écrit de nombreux articles pour sensibiliser les internautes à reprendre le contrôle de leurs données.

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