Le stalkerware : anatomie d’un marché de surveillance intime

Le stalkerware : anatomie d’un marché de surveillance intime

Le stalkerware n’est pas un simple logiciel espion parmi d’autres. C’est une branche commerciale de la surveillance intime : des outils vendus comme contrôle parental, suivi familial ou monitoring professionnel, mais capables de fonctionner discrètement, de remonter des données sensibles vers un tableau de bord distant et d’installer une asymétrie de pouvoir durable entre la personne qui surveille et celle qui est surveillée.

Cette page ne traite pas le sujet comme un fait divers ni comme un guide anxiogène. Elle documente un marché : ses familles de produits, ses arguments commerciaux, ses limites techniques de détection, son cadre pénal en France, les précautions à prendre si vous pensez être visé·e, et la fragilité structurelle des infrastructures qui centralisent ces données.

illustration : julie, victime d'un stalkerware

Avertissement éditorial : Cette page documente le marché des stalkerware à des fins d’information et d’analyse critique. Elle ne constitue pas un conseil juridique. Les références aux articles du Code pénal sont données à titre indicatif : la qualification exacte des faits dépend du mode d’installation, des données collectées, des preuves disponibles et de l’appréciation du juge. Si vous pensez être victime, consultez directement les ressources en fin de page avant toute action technique.

1. Définition et taxonomie : trois familles à distinguer

La définition de référence est celle établie par la Coalition Against Stalkerware, une coalition internationale fondée en 2019, réunissant des acteurs de la cybersécurité, de l’accompagnement des victimes, de la recherche et des forces de l’ordre. Trois critères cumulatifs définissent un stalkerware : il opère sans que la personne ciblée en soit informée, il transmet ses données à un tiers à son insu, et il est conçu ou délibérément détourné pour surveiller une personne dans un contexte de relation intime, conjugale ou familiale.

Cette définition est nécessaire mais insuffisante. Dans la pratique, la surveillance intime non-consentie emprunte trois canaux distincts, très souvent confondus dans les articles généralistes, et cette confusion a des conséquences concrètes sur la façon de détecter, et de se protéger.

Famille 1 : L’implant applicatif sur Android

C’est le mécanisme le plus documenté. Une application est installée directement sur l’appareil Android de la cible, en dehors du Play Store, via un fichier APK téléchargé depuis le site de l’éditeur. L’opération nécessite un accès physique bref à l’appareil déverrouillé, quelques minutes suffisent.

Une fois en place, l’application peut fonctionner en arrière-plan avec une visibilité réduite ou sous un nom générique, »System Service », « Update Manager », de façon à ne pas attirer l’attention de la personne visée. Elle transmet en continu vers un tableau de bord accessible à distance : localisation GPS, SMS, appels, photos, historique de navigation, frappes clavier.

Ce vecteur concerne très majoritairement Android, dont l’architecture et la possibilité d’activer le sideloading rendent l’installation d’implants applicatifs furtifs beaucoup plus réaliste que sur iPhone. Les droits d’accès étendus accordables aux applications tierces n’exigent aucune modification profonde du système.

Famille 2 : La compromission de compte et de sauvegarde cloud sur iOS

Sur iPhone et iPad, la surveillance peut passer non par un implant local visible, mais par l’accès aux données synchronisées dans iCloud au moyen d’identifiants Apple compromis. Dans les cas documentés par TechCrunch en 2025 pour Cocospy, Spyic et Spyzie, c’est ce vecteur cloud qui ressort, plutôt qu’une application furtive installée localement sur l’appareil.

illustration : Cocospy controle parental a distance
Cocospy – ©FamiSoft Limited.

Ce vecteur est particulièrement insidieux : il ne laisse aucune trace sur le terminal. Une victime qui fait analyser son iPhone ne trouvera rien, parce que la surveillance opère en dehors du téléphone, dans le cloud. Messages, photos, localisation, sauvegardes complètes : tout ce qu’Apple synchronise par défaut peut être accessible à un tiers qui dispose des identifiants.

Opposer « Android vulnérable » et « iPhone protégé » est techniquement paresseux. Les vecteurs sont différents. Les risques, non.

Famille 3 : Les MDM et outils d’administration détournés

Les profils MDM (Mobile Device Management) sont des outils légitimes d’administration d’appareils en entreprise. Ils permettent à un administrateur de déployer à distance des configurations, des restrictions d’usage et des politiques de sécurité sur un parc de terminaux, et, selon Apple, d’interroger l’appareil, de le verrouiller ou de l’effacer à distance. Détournés dans un contexte intime, ils peuvent être installés sur un iPhone ou un Android via un simple lien envoyé à la cible, parfois déguisé en mise à jour ou en application utile.

Sur iOS, un profil MDM apparaît dans Réglages → Général → VPN et gestion des appareils. Sa présence non reconnue est un signal fort.

Ces trois familles ne s’excluent pas. Un agresseur disposant des identifiants Apple de sa victime et d’un accès physique à son Android peut simultanément surveiller via iCloud et via un implant applicatif. La surveillance intime n’est pas monolithique.

Sources : Coalition Against Stalkerware, Information for media ; TechCrunch, analyse technique Cocospy/Spyic, février 2025 ; Apple, Apple Platform Deployment : Introduction aux profils de gestion d’appareils.

2. Le marché : acteurs, modèles économiques, double discours

Personne ne vend de « logiciel pour espionner son conjoint ». Le vocabulaire de ce marché est calibré avec soin : contrôle parental, gestion de flotte, localisation familiale. Ce n’est pas un accident de communication, c’est une stratégie. Elle permet d’éviter la censure des stores d’applications, de rester référencé sur les moteurs de recherche, et de limiter l’exposition judiciaire des éditeurs en transférant la responsabilité vers l’utilisateur final.

Le double discours est pourtant facile à mettre en évidence. FlexiSpy met en avant dans ses pages de vente des fonctions comme call interception (écoute d’appels en direct), ambient listening (activation du microphone à distance), et revendique ouvertement d’être « 100% hidden ». Aucun outil de contrôle parental légitime n’a besoin de ces capacités. mSpy se présente aujourd’hui comme outil de « parental safety », mais des archives de son site de 2012 affichaient sans détour l’argument « découvrez si votre partenaire vous trompe ». La communication a changé. Les usages, beaucoup moins, comme en témoignent les tickets de support exposés lors de la fuite de 2024.

Tableau analytique des principales opérations

Opération Promesse affichée Vecteur principal Furtivité iOS Positionnement tarifaire Signaux publics notables
FlexiSpy Surveillance parentale et professionnelle Implant Android (et iOS jailbreaké) Très élevée/mode fantôme, aucune icône Jailbreak requis Premium/plusieurs dizaines d'euros par mois Aucun incident public majeur identifié à la date de mise à jour ; éditeur non identifié publiquement
mSpy Contrôle parental Implant Android + iCloud Élevée/nom d'app générique Via iCloud (sans jailbreak) Entrée de gamme à premium/abonnement annuel 3 fuites documentées (2015, 2018, 2024)/2,4 M d'adresses exposées en 2024 ; société mère Brainstack n'a jamais reconnu publiquement l'incident
Spyera Surveillance familiale Implant Android + iOS Très élevée Jailbreak requis Premium à très premium Peu d'incidents publics documentés ; opérateur non identifié
Cocospy/Spyic/Spyzie Contrôle parental Implant Android + iCloud Élevée/app nommée "System Service" Via identifiants iCloud Abonnement mensuel/entrée de gamme Faille critique exposée en février 2025 : 3,2 M d'adresses clients + données des victimes accessibles ; extinction des trois opérations en mai 2025 ; lien établi avec un développeur chinois (711.icu)

Les prix exacts ne sont pas indiqués : ils varient fréquemment selon les promotions, le nombre d’appareils et les fonctionnalités activées. Les informations sur les opérations fermées (Cocospy, Spyic, Spyzie) sont labellisées avec leur date de fermeture connue.

Ce que les chiffres disent, et ce qu’ils taisent

Le rapport State of Stalkerware 2023 de Kaspersky, la référence sectorielle la plus complète disponible, documente 31 031 cas uniques détectés dans le monde sur l’année, en hausse de 5,8 % par rapport à 2022. En Europe, 2 645 cas recensés : Allemagne (577 cas), France (332), Royaume-Uni (271). La France se positionne au deuxième rang européen.

Ces chiffres ne portent que sur les appareils couverts par Kaspersky Security Network avec les critères de la Coalition intégrés. Ils excluent tous les utilisateurs d’autres solutions, les appareils non protégés, les cas où le stalkerware contourne la détection. Dès 2021, la Coalition estimait que le chiffre réel approchait le million d’instances par an à l’échelle mondiale. En France, 34 % des personnes interrogées dans l’enquête Kaspersky/Arlington Research (21 000 répondants, janvier 2024) déclaraient avoir été victimes de harcèlement ou le soupçonner.

Les chiffres officiels sont le bas de la fourchette. Personne ne sait où se situe le plafond.

Source : Kaspersky, State of Stalkerware 2023, mars 2024.

3. Un marché qui espionne… et qui fuit ses propres données

Ce secteur présente une caractéristique que ses éditeurs ne mettent évidemment pas en avant : il est structurellement incapable de protéger les données qu’il collecte. Et ces données ne sont pas anodines, ce sont les messages, photos, localisations et communications intimes de personnes surveillées, souvent à leur insu, souvent dans des situations de violence conjugale.

mSpy : compromission documentée au printemps 2024, révélée en juillet 2024. Des attaquants ont exfiltré l’intégralité du système de support client de mSpy, hébergé sur Zendesk. Le jeu de données dépassait 100 gigaoctets : millions de tickets de support remontant à 2014, adresses email, noms, pièces jointes, documents personnels. Troy Hunt (Have I Been Pwned) a recensé 2,4 millions d’adresses email uniques dans le dataset et en a confirmé l’authenticité. L’analyse des tickets par TechCrunch a révélé que la majorité des demandes de support concernaient l’installation de mSpy sur le téléphone d’un partenaire, confirmation directe, par les données internes de l’éditeur lui-même, que le produit est massivement utilisé hors de son cadre légal affiché. Parmi les emails exposés : des demandes émanant de hauts responsables militaires américains, d’un juge fédéral d’appel, d’organismes de forces de l’ordre. La société mère Brainstack, entreprise ukrainienne identifiée grâce aux données internes, n’a jamais reconnu l’incident publiquement. C’est la troisième fuite documentée pour mSpy depuis 2015.illustration : MSpy application de surveillance

Cocospy, Spyic, Spyzie : fuite documentée en février 2025, extinction en mai 2025. Un chercheur en sécurité a découvert une faille critique commune aux trois applications, qui partagent en réalité le même code source sous des marques différentes. La vulnérabilité permettait à n’importe qui d’accéder aux données exfiltrées de n’importe quel appareil compromis : messages, photos, journaux d’appels, localisation en temps réel. Elle exposait également les adresses email de l’ensemble des clients ayant créé un compte. Le chercheur a extrait 3,2 millions d’adresses clients et les a transmises à Have I Been Pwned. Les données des victimes, dont beaucoup ignoraient être surveillées, étaient stockées sur Amazon Web Services sans chiffrement adéquat. Après publication par TechCrunch, les trois opérations ont cessé de fonctionner. Leurs serveurs AWS ont été supprimés. Aucune explication officielle, aucune notification aux victimes.

Ces deux cas ne sont pas des exceptions. Selon le décompte de TechCrunch publié en mai 2025, au moins 25 opérations de stalkerware ont été compromises ou ont exposé les données de leurs victimes depuis 2017. Au moins 10 de ces opérations ont fermé dans la foulée d’une fuite, souvent en silence, parfois pour réapparaître sous un autre nom.

Le constat est simple : les personnes surveillées à leur insu ne font pas face à une seule menace. Leurs données sont entre les mains de l’agresseur, stockées sur des serveurs mal sécurisés, et susceptibles d’être exposées publiquement à tout moment. L’outil de contrôle devient un risque supplémentaire pour la victime.

Sources : TechCrunch, juillet 2024 (mSpy) ; TechCrunch, février 2025 (Cocospy/Spyic) ; TechCrunch, mai 2025 (extinction) ; Have I Been Pwned, mSpy 2024.

4. Détection : réalité opérationnelle

La vraie question n’est pas de savoir si un antivirus « marche » ou « ne marche pas ». Elle est : quel produit détecte quoi, sous quelle dénomination, et quel risque cette alerte crée-t-elle pour la victime au moment où elle se déclenche ?

Ce que voit un antivirus et ses angles morts

Les moteurs antivirus fonctionnent principalement par détection à base de signatures : ils comparent les fichiers présents sur un appareil à une base de données de menaces connues. Les stalkerware distribuent leurs applications via leurs propres sites, hors des stores, signées avec des certificats valides. Ils n’apparaissent pas spontanément dans les bases généralistes.

La Coalition Against Stalkerware a établi des critères consensuels permettant aux éditeurs de sécurité membres de référencer ces applications sans ambiguïté juridique. Le test AV-Comparatives / EFF publié en novembre 2025, à partir d’essais réalisés en septembre 2025, conduit sur 13 solutions de sécurité Android et 17 applications de stalkerware, montre des écarts importants selon les produits : certains atteignent une couverture quasi complète, d’autres restent médiocres. Et une alerte générique de type « application indésirable détectée » n’aide pas nécessairement une victime à comprendre qu’elle fait l’objet d’une surveillance intime, la dénomination et le message associé comptent autant que la détection elle-même.

Un antivirus ne peut pas détecter la surveillance via iCloud (famille 2) : aucun code malveillant n’est présent sur l’appareil. Il ne détecte pas non plus un profil MDM légitime détourné. Les angles morts sont structurels, pas des défauts de configuration.

Ce que voit un scan réseau et les limites de SpyGuard

TinyCheck, l’outil open source développé par Kaspersky en 2020, est désormais déprécié et n’est plus maintenu. La Coalition Against Stalkerware recommande depuis mai 2025 d’utiliser SpyGuard, son successeur développé par le même auteur, Félix Aimé, anciennement Kaspersky, aujourd’hui chez Sekoia.io. Les Indicateurs de Compromission (IoC) de SpyGuard sont depuis lors gérés par ECHAP, association française spécialisée dans la lutte contre les cyberviolences sexistes.

illustration : TinyCheck le détecteur de stalkerware
©TinyCheck, le détecteur de stalkerware

 

SpyGuard est un outil de triage réseau, pas un outil forensique. Installé sur un Raspberry Pi ou un ordinateur Linux, il crée un réseau Wi-Fi dédié et analyse le trafic sortant de l’appareil à examiner, à la recherche de communications vers des serveurs associés à des stalkerware connus.

Ce qu’il ne voit pas :

  • un stalkerware configuré pour transmettre uniquement en 4G/5G, hors Wi-Fi ;
  • un implant qui n’a pas communiqué pendant la durée du scan (minimum recommandé : 15 minutes) ;
  • toute surveillance opérant via iCloud, dont le trafic ne génère aucun indicateur identifiable comme malveillant.

Un résultat négatif n’exclut pas la présence d’un stalkerware. La Coalition recommande de ne jamais procéder à un scan sans avoir préalablement contacté une ONG partenaire et établi un plan de sécurité. Supprimer un stalkerware détecté peut alerter l’agresseur.

Ce que révèlent les comportements et que les outils ne voient pas

Les stalkerware modernes sont conçus pour minimiser leur empreinte système. Les signes techniques classiques, batterie, données mobiles, applications suspectes, sont souvent absents ou masqués.

Le signal le plus fiable reste comportemental :

  • un entourage qui dispose systématiquement d’informations sur vos déplacements, conversations ou activités qu’il ne devrait pas connaître ;
  • qui réagit à des événements avant d’en être informé ;
  • qui exerce un contrôle disproportionné sur vos communications.

Ce type d’éléments peut contribuer à étayer un faisceau d’indices utile dans une démarche de protection, de signalement ou de plainte, même en l’absence de preuve technique immédiate.

Sources : AV-Comparatives / EFF, Stalkerware Test 2025, novembre 2025 ; Coalition Against Stalkerware, recommandation SpyGuard, mai 2025 ; GitHub, SpyGuard/SpyGuard.

5. Cadre juridique en France

En France, l’installation d’un stalkerware sans le consentement de la personne ciblée est une infraction pénale. Plusieurs textes s’appliquent de manière cumulative selon les faits.

  • Article 226-1 du Code pénal : protège la vie privée et sanctionne notamment la captation, l’enregistrement ou la transmission de la localisation d’une personne sans son consentement.
  • Article 226-15 : punit l’interception frauduleuse de correspondances. Depuis la loi du 20 juillet 2020, ces deux articles prévoient une circonstance aggravante lorsque l’auteur est le conjoint, concubin ou partenaire pacsé de la victime : les peines passent à 2 ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende.
  • Article 323-1 : sanctionne l’accès frauduleux à un système informatique.
  • Article 323-3 : vise non seulement l’introduction frauduleuse de données dans un système, mais aussi leur extraction, détention, reproduction, transmission, suppression ou modification frauduleuses.
  • Article 323-3-1 : peut couvrir la détention, l’offre, la cession ou la mise à disposition d’outils logiciels conçus ou spécialement adaptés pour commettre les infractions prévues aux articles 323-1 à 323-3.

La qualification exacte dépend des faits, du mode d’installation, des données collectées et des preuves disponibles.

Le fossé entre le texte et la réalité

Les textes existent. Leur application effective bute sur des obstacles structurels que le droit n’a pas encore vraiment résolus.

La preuve numérique est difficile à obtenir sans analyse forensique de l’appareil, compétence hors de portée de la plupart des victimes, et procédure qui, si elle est mal conduite, peut alerter l’agresseur avant toute démarche judiciaire. Les éditeurs opèrent presque tous depuis des juridictions non européennes et se protègent via des clauses de « responsabilité exclusive de l’utilisateur » : l’outil est commercialisé ouvertement, son usage ne les regarde pas. En l’absence de jurisprudence européenne consolidée visant directement les éditeurs, cette défense reste pour l’instant opérante.

À titre de repère : le ministère de la Justice recensait 44 condamnations de première instance en 2021 pour des faits de géolocalisation sans consentement avec circonstance aggravante conjugale, pour un phénomène dont l’ampleur réelle est estimée en centaines de milliers de cas par an.

À noter : la Suisse a introduit en janvier 2026 un délit spécifique de stalking dans son Code pénal. La France ne dispose pas d’une qualification autonome équivalente. Les textes existants couvrent le périmètre, mais leur dispersion et les difficultés probatoires laissent une marge de manœuvre considérable à ceux qui veulent s’y glisser.

Sources : Légifrance, articles 226-1, 226-15, 323-1, 323-3, 323-3-1 du Code pénal ; Politis, enquête stalkerware 2022 (chiffres ministère de la Justice) ; Conseil fédéral suisse, communiqué novembre 2025.

6. Protocole si vous êtes concerné·e

Une priorité avant tout : votre sécurité physique prime sur toute action technique. Supprimer un stalkerware peut alerter l’agresseur et aggraver une situation déjà difficile. Chaque étape ci-dessous doit être évaluée dans votre contexte spécifique, idéalement avec l’aide d’un professionnel.,

Étape Action Pourquoi c'est critique
1. Ne rien modifier immédiatement Ne signalez pas vos soupçons depuis l'appareil concerné. Ne changez pas vos habitudes. Certains stalkerware transmettent une alerte à l'agresseur dès qu'une modification est détectée sur l'appareil.
2. Utiliser un appareil sûr Toutes vos recherches et démarches doivent passer par un appareil distinct, téléphone d'un proche de confiance, ordinateur public, poste professionnel. L'appareil compromis transmet l'intégralité de votre activité, y compris vos démarches de protection.
3. Contacter une ONG avant toute action technique Contactez France Victimes (116 006) ou le 3919 pour un accompagnement personnalisé et l'élaboration d'un plan de sécurité. Les professionnels adaptent les recommandations à votre situation. Certaines étapes peuvent être contre-productives sans ce cadrage préalable.
4. Documenter les comportements anormaux Notez toute situation où votre entourage dispose d'informations qu'il ne devrait pas avoir, dates, contextes, type d'information. Depuis un appareil sûr. Ce faisceau d'indices peut contribuer à étayer une démarche de signalement ou de plainte, même sans preuve technique directe.
5. Sauvegarder manuellement Copiez photos, contacts et documents vers un support externe ou un compte auquel vous seul·e avez accès. Sans passer par une restauration cloud automatique. Une restauration depuis un backup contaminé peut réinstaller le stalkerware sur un appareil neuf.
6. Examiner l'appareil Android : vérifiez les applications et leurs permissions système. Cherchez si l'installation depuis "sources inconnues" est activée. iPhone : cherchez un profil MDM non reconnu dans Réglages → Général → VPN et gestion des appareils. Un profil MDM non reconnu est un signal fort sur iOS. Sur Android, une application nommée "System Service" sans éditeur identifié doit alerter.
7. Réinitialisation d'usine Réinitialisez l'appareil sans restaurer depuis un backup cloud automatique. À faire uniquement une fois votre sécurité assurée. Méthode la plus fiable pour éliminer un implant applicatif. Une restauration peut tout réinstaller.
8. Changer tous les accès depuis un appareil sûr Modifiez les mots de passe de tous vos comptes (email, réseaux sociaux, Apple ID / compte Google, banque) et activez l'authentification à deux facteurs. Un keylogger peut avoir capturé tous vos identifiants. Changer l'Apple ID coupe également l'accès iCloud à un éventuel attaquant.

Ressources

  • France Victimes : 116 006 (disponible 7j/7)
  • 3919 : ligne nationale pour les femmes victimes de violences : écoute, information, orientation
  • 3018 : numéro national contre les cyberviolences, particulièrement adapté aux jeunes victimes et aux situations de harcèlement numérique
  • Cybermalveillance.gouv.fr : cybermalveillance.gouv.fr
  • ECHAP : association française contre les cyberviolences sexistes, gestionnaire des IoC de SpyGuard : echap.eu.org
  • Coalition Against Stalkerware : stopstalkerware.org

7. Méthodologie

Cette page repose exclusivement sur des sources primaires vérifiables : rapports annuels publiés par des organisations de cybersécurité (Kaspersky, AV-Comparatives/EFF), enquêtes journalistiques sourcées (TechCrunch, Malwarebytes Labs), textes législatifs officiels (Légifrance), documentation technique des outils cités (GitHub SpyGuard, Coalition Against Stalkerware), données de notification de fuites (Have I Been Pwned).

Aucun éditeur de stalkerware n’a été contacté pour cette page et aucune de leurs déclarations commerciales n’est reprise sans mise en contexte critique. Les prix des applications ne sont pas indiqués en valeur absolue, ils varient trop fréquemment. Les informations sur les opérations fermées (Cocospy, Spyic, Spyzie) sont labellisées avec leur date de fermeture connue.

Cette page sera mise à jour au fil des publications du rapport annuel State of Stalkerware de Kaspersky et des incidents documentés par TechCrunch et la Coalition Against Stalkerware. Dernière mise à jour : mars 2026.

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A propos de l'auteur : Lisa

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Fondatrice de VPN Mon Ami

Experte en cybersécurité avec plus de 12 ans d'expérience dans le domaine des VPN, j'écris de nombreux articles pour sensibiliser les internautes à la confidentialité en ligne.

PME / ETI en croissance : ce que le Cloud change vraiment (avant / après)

PME / ETI en croissance : ce que le Cloud change vraiment (avant / après)

Pour une PME ou une ETI qui grandit, la vraie question n’est pas « faut-il aller dans le cloud », mais « est-ce que nos outils suivent le rythme ? »
Quand une entreprise passe de 10 à 40, puis 80 personnes (ou ouvre un second site), les irritants s’accumulent. Rien n’explose d’un coup, mais le quotidien se charge : un devis pas au bon format, un dossier introuvable, un accès distant capricieux, une sauvegarde dont personne ne sait si elle fonctionne vraiment.
Une solution cloud réduit les investissements IT par à-coups et permet à l’entreprise de grandir sans que chaque étape devienne une nouvelle petite crise.
Plutôt que d’aligner des bénéfices théoriques, regardons des situations typiques dans les PME/ETI en croissance.

Situations où le Cloud change réellement la donne

Plutôt que d’aligner des bénéfices théoriques, regardons cinq situations typiques dans les PME/ETI en croissance. L’idée n’est pas de dire « le Cloud fait tout », mais de montrer ce qu’il change concrètement, là où ça coince vraiment.

1) Documents et collaboration : quand « le bon fichier » devient une question

Avant : au début, un simple dossier partagé suffit. Puis l’entreprise grandit : plus de clients, plus de projets, plus de documents, plus de personnes qui modifient. Le même fichier commence à exister en plusieurs versions : un devis « final », un autre « final2 », un PDF envoyé par mail, une copie locale sur le bureau d’un collègue. Et quand un client appelle, personne n’est certain d’avoir la dernière version validée.

Le problème n’est pas seulement l’ordre. C’est la fiabilité : quand on ne sait pas si le document est à jour, on ralentit. On vérifie. On redemande. On compare. On renvoie. C’est du temps invisible, mais quotidien. Et parfois ça finit en erreur : une ancienne grille tarifaire, un contrat avec une clause dépassée, un document RH modifié « par mégarde ».

Après : le Cloud permet de remettre un principe simple au centre : un espace unique, une version de référence, et des droits clairs. Les équipes cessent de travailler « par copies » et reviennent à une logique de collaboration réelle. Les bénéfices se voient vite : moins de mails avec pièces jointes, moins de doublons, moins de stress sur la version.

Et surtout, on peut structurer sans rigidifier : arborescence cohérente, dossiers projets, espaces par équipes, accès par rôle. Ce n’est pas glamour, mais ça change la vitesse de travail d’une entreprise qui grandit.

2) Accès à distance et multi-sites : le jour où le « ça marche » ne suffit plus

Avant : tant que tout le monde est au même endroit, un réseau local « fait le job ». Mais dès qu’il y a du télétravail, des déplacements, des prestataires ou un second site, l’accès devient une source de micro-pannes : VPN qui refuse de se connecter, lenteurs, dépendance à un poste « au bureau », manipulations qui fonctionnent sur un PC mais pas sur un autre.

Le symptôme typique, c’est la phrase : « Normalement ça marche. » Le « normalement » devient un coût. Parce qu’à chaque blocage, quelqu’un perd une heure, puis contourne : envoi de fichiers par WhatsApp, transfert via un lien temporaire, travail repoussé au soir. Ce n’est pas dramatique, mais ça abîme la fluidité, et ça crée une entreprise à deux vitesses : ceux qui sont au bureau et ceux qui doivent « se débrouiller ».
Après : avec une approche Cloud pensée pour des usages distribués, l’accès devient une base du travail, pas un mode dégradé. On réduit la dépendance à un lieu, à un réseau précis, à une machine pivot. Les équipes gagnent en continuité : un commercial peut ouvrir le bon document en déplacement, une équipe projet peut avancer depuis plusieurs sites, un prestataire peut accéder à ce dont il a besoin sans ouvrir toute l’entreprise.
Ce n’est pas « plus confortable », c’est plus prévisible. Et pour une PME/ETI, la prévisibilité vaut cher : moins d’interruptions, moins de temps perdu, moins de bricolage. Le choix d’une solution cloud adaptée facilite cette transition vers des accès fiables et distribués.

3) Recrutements et onboarding : quand la croissance crée des failles

Avant : embaucher, c’est un signe de santé. Mais c’est aussi là que les erreurs de sécurité se multiplient, souvent sans intention. Pour que la nouvelle recrue soit opérationnelle vite, on donne des droits trop larges. On copie les accès d’un collègue. On partage un identifiant « juste pour une semaine ». Et on oublie de revenir en arrière.

Au bout de quelques mois, personne ne sait exactement qui a accès à quoi. Les droits s’accumulent, les accès temporaires deviennent permanents, les prestataires gardent parfois des autorisations inutiles. Dans une PME, ça arrive vite. Dans une ETI, ça devient un risque de gouvernance : données sensibles trop accessibles, dossiers internes consultables par erreur, difficulté à prouver « qui a fait quoi » en cas d’incident.
Après : le Cloud facilite une gestion plus propre et plus industrialisable : comptes nominatifs, accès par rôle, groupes, droits limités au nécessaire, révocation plus simple quand quelqu’un part. Ce qui change, c’est l’échelle : on peut intégrer 10, 20, 30 personnes sans que la gestion des droits devienne un chaos artisanal.
Et quand l’entreprise grandit vite, ce point est décisif : la sécurité ne doit pas dépendre de la mémoire d’une seule personne ou d’un tableau Excel oublié.

4) Continuité d’activité : la vraie question n’est pas “si”, mais “quand”

Avant : beaucoup d’entreprises pensent être couvertes parce qu’elles “ont une sauvegarde”. Mais une sauvegarde utile, ce n’est pas une copie. C’est une copie restaurable, dans un délai compatible avec la réalité du business. Or c’est souvent là que ça casse : sauvegarde jamais testée, restauration trop lente, données incomplètes, dépendance à un matériel local… et le jour J, tout le monde découvre les limites en temps réel.

Dans une PME/ETI, un incident ne touche pas “un poste”. Il peut immobiliser une équipe entière : plus de facturation, plus d’accès aux dossiers clients, plus d’outil métier. Le coût n’est pas seulement technique : ce sont des heures perdues, des clients qui attendent, une tension énorme, et parfois des décisions prises dans l’urgence (payer un prestataire en catastrophe, improviser une remise en route, bricoler une solution temporaire).

Après : le Cloud permet de construire une continuité d’activité plus sérieuse : sauvegardes automatisées, redondance, restauration plus rapide si tout est cadré correctement. Le bénéfice n’est pas de “ne jamais avoir de problème”, mais de limiter l’impact : reprendre l’activité sans que l’entreprise se fige.

Et c’est souvent la différence entre “un incident pénible” et “une crise qui marque l’année”.

5) Coûts et pilotage : de l’imprévu au maîtrisable

Avant : l’infrastructure classique pousse à des dépenses par à-coups. On achète du matériel, on le fait durer, on repousse le renouvellement, puis un jour ça tombe au pire moment. On surdimensionne “au cas où” ou, au contraire, on tire sur la corde jusqu’au point de rupture. Et il y a aussi les coûts qu’on ne compte jamais : temps interne passé à réparer, heures perdues en lenteurs, interventions d’urgence, interruptions de service.

Après : le Cloud bascule vers une logique plus progressive, plus adaptable. Ce n’est pas toujours “moins cher” en absolu, mais c’est souvent plus pilotable : on dimensionne selon l’usage, on ajuste, on évite les achats paniques. Et surtout, on réduit la part d’imprévu qui tombe toujours mal.

Pour une entreprise en croissance, c’est un point clé : quand tout bouge vite, la capacité à prévoir et ajuster vaut parfois plus que la réduction brute d’une ligne de budget.

Avant / Après en une phrase

Avant : l’IT “tient” parce que l’équipe compense.

Après : l’IT “tient” parce que l’infrastructure est pensée pour grandir.

Cloud et sécurité des données : l’enjeu qui monte

Une étude IDC révèle que 70% des PME prévoient d’augmenter leurs investissements dans le cloud hybride d’ici 2028, motivées par des enjeux de sécurité, de conformité réglementaire et de protection des accès distants. Au-delà de la flexibilité opérationnelle, le cloud devient un enjeu de gouvernance des données sensibles. Une PME qui manipule des données financières, RH ou clients ne peut pas se contenter d’un cloud « pratique », elle doit aussi maîtriser qui accède à quoi, comment les données sont chiffrées, et où elles sont hébergées.
Avant : beaucoup d’entreprises adoptent le cloud sans distinguer données publiques, internes et critiques. Tous les fichiers sont traités de la même manière, avec les mêmes niveaux d’accès. Résultat : des informations sensibles (contrats, grilles salariales, données clients) se retrouvent accessibles trop largement, parfois par des prestataires externes ou d’anciens collaborateurs dont les droits n’ont pas été révoqués.
Après : une approche cloud hybride permet de segmenter : les données courantes (documents internes, échanges quotidiens) restent dans un cloud collaboratif standard, tandis que les données critiques sont hébergées dans un environnement sécurisé avec chiffrement renforcé, authentification multi-facteurs et traçabilité des accès. Pour certaines organisations (santé, finance, industrie), la conformité réglementaire impose même un cloud certifié (HDS pour la santé, par exemple).
La plupart des solutions cloud grand public (Google Workspace, Microsoft 365, Dropbox) chiffrent vos fichiers en transit et au repos, mais le fournisseur conserve les clés. Pour les données les plus sensibles, certaines entreprises optent pour des solutions où seule l’entreprise détient les clés (chiffrement de bout en bout). Le choix d’une solution cloud adaptée passe par l’analyse de ces paramètres : criticité des données, exigences réglementaires, niveau de risque acceptable. C’est souvent à ce stade qu’un accompagnement devient indispensable.

Deux erreurs qui annulent les bénéfices du Cloud

1) Migrer sans gouvernance : déplacer les fichiers et outils sans organiser les droits et les usages revient à déplacer le désordre. Le Cloud n’efface pas une mauvaise organisation, il la rend parfois plus visible.

2) Empiler des services sans cohérence : multiplier les outils sans logique commune (stockage ici, messagerie là, partage ailleurs) crée une nouvelle complexité. Résultat : les équipes contournent à nouveau et le gain s’évapore.

Conclusion : le Cloud est un amortisseur de croissance

Quand une PME ou une ETI grandit, les problèmes IT ne se manifestent pas toujours par une panne spectaculaire. Ils se manifestent par une accumulation de frictions : documents incertains, accès distants fragiles, onboarding approximatif, sauvegardes non testées, coûts imprévisibles.
Bien utilisé, le Cloud apporte trois bénéfices très concrets : de la flexibilité quand l’entreprise change vite, de la continuité quand un incident survient, et un cadre pour garder la main sur les accès et les données. Autrement dit : l’infrastructure suit le rythme au lieu de le freiner.

Bug Bounty : qu’est-ce que c’est ?

Bug Bounty : qu’est-ce que c’est ?

Pour renforcer notre série d’articles sur l’histoire de l’hacking, explorons aujourd’hui l’univers du Bug Bounty. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas une référence à une bestiole qui aurait avalé une barre de chocolat, mais plutôt à une chasse aux vulnérabilités informatiques.

Qu’est-ce qu’un Bug Bounty ?

Un bug bounty est une invitation rémunérée et officielle que les entreprises lancent aux hackers pour découvrir des bugs potentiels et/ou des failles de sécurité dans leurs systèmes. Grâce à ces programmes, les problèmes peuvent être détectés et résolus avant d’être connus ou subis par le grand public.

On parle aussi de programme de bug bounty.

Est-ce que c’est nouveau les programmes de Bug Bounty ?

C’est un des pionniers d’Internet qui a lancé le principe au milieu des années 90. Netscape Communication, connu pour son navigateur, fédérait à l’époque une communauté zélée d’ingénieurs très inspirés. Ces fans comptaient également des employés de l’entreprise. À cette époque, un des responsables du service technique eut l’idée de mettre en place le premier programme de Bug Bounty. Les employés étaient encouragés à aller encore plus loin dans la recherche de bugs et de failles de sécurité au moyen de primes. Internet était également invité à faire de même par l’intermédiaire des forums consacrés à Netscape et de nombreux sites non-officiels.

Le succès d’un tel programme perdure encore aujourd’hui. Il n’y a pas que les entreprises qui en proposent, mais également, certains gouvernements et les armées. La France, également, dispose de ses propres programmes de chasse aux bugs et aux vulnérabilités.

Ce ne sont pas les entreprises ou les développeurs des logiciels testés qui sont les principaux acteurs d’un programme Bug Bounty, ce sont les hackers. Ils portent d’ailleurs différents noms, chercheurs ou encore hunters (chasseurs). Les hackers sont alors considérés comme non-hostiles et portent le nom de hackers éthiques quand ils œuvrent à la découverte d’une faille de sécurité. Même s’ils sont rémunérés pour leurs découvertes, le défi que constituent certains programmes de Bug Bounty suffit à en motiver plus d’un.

logo hackers

Les entreprises n’ont-elles pas déjà leurs propres prestataires en matière de sécurité ?

L’intérêt des programmes de Bug Bounty réside essentiellement dans le fait qu’une entreprise dispose, en théorie, d’un nombre très élevé de hackers motivés aux compétences multiples 24 h sur 24 et disséminés dans le monde entier. Les hunters les plus actifs sont respectivement en Inde, en Russie et aux Etats-Unis.

Le Bug Bounty est devenu rapidement un standard en matière de cybersécurité. En effet, si les sociétés prestataires en matière d’audit de sécurité auront toujours leur utilité, leurs missions sont généralement axées sur des points bien spécifiques.
Les programmes de Bug Bounty sont beaucoup plus ouverts, encouragent la créativité et offrent une couverture continue : un chercheur peut découvrir une faille six mois après le lancement du programme, là où un audit classique serait déjà terminé.

Au départ, l’idée de convier des hackers à venir forcer leurs systèmes avait de quoi rebuter bon nombre de chefs d’entreprise, mais les découvertes ainsi que le nombre important de reports de vulnérabilités système d’une grande pertinence ont fini par convaincre les derniers sceptiques. En France, les programmes de Bug Bounty ont commencé à se démocratiser à partir de 2015.

 

Bug Bounty : Comment ça se passe ?

C’est essentiellement la sécurisation des données sensibles qui motive les entreprises à avoir recours à des chercheurs. Si des géants comme Microsoft, Facebook ou encore Google peuvent se permettre de coordonner et d’administrer un programme de Bug Bounty par eux-mêmes, ce n’est pas le cas pour toutes les entreprises. En effet, il existe des plateformes qui permettent la mise en place de ces parties de chasse. En Europe, les plateformes YesWeHack et Yogosha sont des références reconnues qui permettent aux entreprises de lancer leur programme de Bug Bounty et aux hunters d’être informés qu’un nouveau challenge les attend.

Bug Bounty France : logo de YesWeHack

 

Quelles sont les règles d’un Bug Bounty ?

Les programmes de Bug Bounty sont soumis à des règles strictes, ne pas s’y soumettre pour un hacker constitue une violation et pourrait avoir pour conséquence de ne toucher aucune compensation financière ou d’être tout simplement banni.
Un chercheur doit veiller à ne pas détériorer les biens ou les données pendant ses tests d’intrusion. Toutes les vulnérabilités qui sont signalées doivent être directement exploitables. Même s’il existe un barème concernant les primes, le montant de celles-ci est directement soumis à la discrétion de la société qui a lancé le programme de chasse.

Chaque rapport doit être accompagné d’une déclaration de principe et d’une description détaillée avec les étapes à suivre. Le pentesteur* doit également expliquer en quoi la faille qu’il a détectée peut affecter les données d’un utilisateur et/ou le bon fonctionnement d’une application/logiciel/système.

*Pentesteur : Hacker qui explore différents scénarios d’intrusion dans un système d’informations.

Pourquoi c’est important ?

Au-delà de la simple détection de bugs, les programmes de Bug Bounty représentent une démarche de transparence. Une entreprise qui ouvre ses systèmes à l’examen public montre qu’elle prend la sécurité au sérieux et qu’elle est prête à investir pour améliorer continuellement ses protections.
La différence avec un audit de sécurité classique ? Un audit est ponctuel, souvent limité dans le temps et le périmètre.
Un bug bounty, lui, reste actif et s’adapte : de nouveaux chercheurs peuvent arriver avec de nouvelles techniques, et les systèmes continuent d’être testés au fil des évolutions logicielles.
Cette approche bénéficie directement aux utilisateurs finaux. Invisible pour le grand public, cet éternel ballet, cette chasse sans fin apporte son lot d’avantages : bon nombre d’applications et de services sécurisés ne pourraient pas l’être sans ce type d’initiatives.

Exemples dans le domaine des VPN

Les Réseaux Privés Virtuels ne font pas exception à cette tendance. Certains services ont adopté cette approche et communiquent publiquement sur leurs programmes de Bug Bounty.

CyberGhost maintient un programme de bug bounty actif. Ce VPN pas cher gère l’intégralité du programme et invite des experts en sécurité indépendants à découvrir les éventuelles vulnérabilités dans ses systèmes. 

ExpressVPN dispose également d’un programme bug bounty public. Le service communique régulièrement sur cette initiative dans le cadre de sa politique de transparence.

Il est important de noter que d’autres VPN peuvent avoir des programmes bug bounty sans communication publique. Ce choix ne reflète pas forcément la qualité de leur sécurité : certains préfèrent gérer ces programmes en interne ou via des circuits privés, sans faire de communication autour.
La présence d’un programme public est un indicateur de transparence, mais son absence ne signifie pas automatiquement un manque de sérieux en matière de sécurité ou qu’il n’existe pas de programme.

En résumé

Les programmes de Bug Bounty représentent une évolution novatrice dans la façon dont les entreprises abordent la cybersécurité. En mobilisant une communauté mondiale de chercheurs, elles bénéficient d’une expertise diversifiée et d’une vigilance continue qui dépasse largement ce qu’un audit ponctuel pourrait offrir.
Pour les services qui traitent des données sensibles ou dont le coeur de métier est la confidentialité en ligne, cette démarche prend une dimension particulière. Elle montre un engagement concret envers la sécurité des utilisateurs.

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A propos de l'auteur : Lisa

A propos de l'auteur : Lisa

Fondatrice de VPN Mon Ami

Experte en cybersécurité avec plus de 12 ans d'expérience dans le domaine des VPN, j'écris de nombreux articles pour sensibiliser les internautes à la confidentialité en ligne.

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Pourquoi les Hackers ne craignent pas les VPN

Pourquoi les Hackers ne craignent pas les VPN

Un jour, je suis tombée sur un titre qui titrait qu’un VPN allait “mettre les hackers à genoux”.
J’ai ri, puis j’ai froncé les sourcils.
Pas parce que c’était exagéré, ça, Internet nous y a habitués, mais parce que ce titre disait exactement l’inverse de la réalité.

Ce moment-là m’a rappelé à quel point, dès qu’on parle cybersécurité, les raccourcis grossiers sont légion.
On simplifie tout, on dramatise tout, et on finit par faire croire que les hackers seraient stoppés net par un tunnel chiffré (oui on dit chiffré et pas crypté).

Alors soyons clairs :
les hackers ne craignent pas les VPN.
Ils s’en foutent complètement.
Et voici pourquoi.

Illustration : Hacker qui a peur et qui fuit

Ce que les hackers visent vraiment : les maillons faibles

Pour les hackers, un VPN n’est pas un obstacle, il sert juste d’épouvantail.
En effet, leur stratégie ne consiste pas à attaquer directement le VPN, mais plutôt à exploiter d’autres faiblesses. Contrairement à l’image populaire du hacker en génie maléfique qui brise les systèmes les plus sécurisés, la réalité est souvent plus prosaïque. Les black hat sont des opportunistes et préfèrent les cibles faciles.

Parmi les plus répandues, on peut citer :

  • Attaques ciblées sur des logiciels non-sécurisés.
  • Ingénierie sociale et hameçonnage.
  • Exploitation des réseaux non-protégés (par exemple les Wi-Fi publics)

Pourquoi les hackers préfèrent les cibles faciles ?

Les hackers rationalisent toujours leurs coûts de fonctionnement (temps, matériel, degré d’exposition). Comme n’importe quel attaquant, ils choisissent le chemin le plus rentable, pas le plus spectaculaire.
  • Moins de risques, plus de gains : viser des systèmes mal configurés ou peu protégés garantit un taux de réussite élevé sans effort démesuré.
  • Faiblesses humaines : une bonne partie des brèches commencent par un mot de passe faible, un clic malheureux ou un manque de vigilance face au phishing.
  • Rendement maximal : la plupart opèrent selon une logique industrielle, attaquer un maximum de cibles vulnérables, le plus vite possible.

Réflexions finales

A moyen terme, n’espérez pas vous passer d’un VPN pour sécuriser vos données en ligne et votre connexion. C’est un outil utile, mais ce n’est pas un champ de force.
Toutefois, n’allez surtout pas croire que les hackers qui détectent des connexions chiffrées sur un réseau non-protégé rentrent gentiment en pleurant chez leur mère. Ils chercheront simplement un autre pigeon et ça s’arrête là.

Soyez vigilant, évitez de vous surexposer et ne cliquez jamais sous la pression.
Et si vous vous demandez ce qu’un VPN protège réellement face aux hackers, cet article fait le point : Un VPN vous protège-t-il vraiment des hackers ?

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A propos de l'auteur : Mina

A propos de l'auteur : Mina

CoFondatrice de VPN Mon Ami

Chasseuse de bugs dans son quotidien, Mina teste tous les outils de cybersécurité, anciens et nouveaux, que nous vous faisons découvrir.

Quels sont les différents types de hackers ?

Quels sont les différents types de hackers ?

Ah le fameux gars en capuche noire dans une cave sombre ! Génie pour certains, fléau pour d’autres, le hacker revêt de nombreux visages ou devrais-je dire chapeaux. Faisons le point sur les différents types de hackers.

Un hacker est généralement défini comme une personne qui utilise des compétences techniques pour accéder à des systèmes informatiques ou des réseaux sans y être autorisé. Les hackers peuvent mettre à profit leur savoir-faire à des fins éthiques, comme la recherche de vulnérabilités dans les systèmes pour en faire corriger les potentielles erreurs et les rendre plus surs.
Il existe différents types de hackers qui utilisent leurs compétences de différentes manières, certains sont éthiques et d’autres malveillants, certains cherchent à protéger les systèmes, d’autres cherchent à les compromettre. La définition exacte de ce qu’est un hacker, un pirate ou encore un cybercriminel varie en fonction du contexte et des motivations.

Tableau récapitulatif des différents types de hackers

Type Rôle principal Motivation Légalité Niveau
🤍 White HatDéfend et teste légalementSécurité, éthiqueÉlevé
🖤 Black HatPiratage illégalArgent, pouvoirIllégalTrès élevé
⚪ Grey HatEntre bien et malCuriosité, défiLimiteÉlevé
🔴 Red HatContre-attaque les criminelsJustice personnelleIllégalTrès élevé
🔵 Blue HatSengerevancheIllégalMoyen
💛 Yellow HatObserve et apprendApprentissageDébutant
🟢 Green HatDébute dans le hackingExplorationDébutant
💜 Purple HatCombine attaque et défenseCompréhensionÉlevé
👶 Script KiddieUtilise des outils tout faitsFun, egoIllégalFaible
💼 Corporate HackerEspionnage industrielCompétitionIllégalÉlevé
🕵️ State-SponsoredTravaille pour un ÉtatRenseignementSelon la cibleTrès élevé
👥 HacktivistAgit pour une causeIdéologieIllégalVariable
🔪 Suicide HackerAttaque sans se cacherVengeance, idéologieIllégalMoyen
🧙 Elite HackerCrée des techniques inéditesPrestigeVariableTrès élevé

Les hackers éthiques (white hat)

Les hackers éthiques (aussi appelés « white hats ») qui utilisent leurs compétences pour détecter et corriger les faiblesses de sécurité des systèmes informatiques.

Les white hat ou hackers éthique sont des personnes qui s’introduisent dans des systèmes à des raisons légitimes et éthiques. Leur mission première s’articule autour de la sécurité informatique. C’est leur cœur de métier. Ils peuvent être embauchés par des entreprises pour tester leurs systèmes et les aider à se protéger contre de potentielles attaques malveillantes.

illustration : logo hackers

Le Glider – Symbole des hackers

Certains sont salariés, d’autres travaillent à leur compte et participent à des programmes de Bug Bounty, il n’y a de tout, comme dans n’importe quel métier. Les white hat travaillent également avec les forces de l’ordre pour combattre la criminalité informatique au sens large.

Illustration : Guest Mhack

Pour découvrir le métier de hacker éthique sous un angle concret et actuel, je vous invite à visiter le profil de Mhack. Il partage régulièrement ses retours de terrain, ses conférences et montre comment, au-delà des clichés, la sécurité informatique est un monde à la fois rigoureux et passionnant.

Les hackers malveillants (black hat)

Les black hat sont considérés comme des cybercriminels qui utilisent leurs compétences pour des activités illégales. Ces pirates sont les auteurs de nombreux faits comme la violation de la sécurité informatique, le vol de données, le rançongiciel, le vol d’identité.

Les black hat peuvent également utiliser leurs compétences pour nuire aux entreprises et/ou aux individus. Ils agissent souvent dans le but de gagner de l’argent, mais pas seulement, parfois le simple plaisir de causer des gros dégâts suffit à les motiver. La vengeance peut également être une de leur motivation.

Les hackers grey hat

Rien n’est jamais vraiment tout noir ou tout blanc, les hackers n’échappent pas à cette règle.

Dans le contexte de la sécurité informatique, le terme gris se réfère à des activités ou des individus qui se situent entre les white hat et les black hat. Les grey hat sont des hackers qui utilisent leurs compétences pour des raisons à la fois légitimes et illégitimes ou pour des activités à la fois éthiques et non-éthiques. En termes simples, ils font un peu ce qu’il veulent.

Illustration : Hack Ghost In the Shell

©Ghost in the Shell

Ils peuvent par exemple découvrir une vulnérabilité dans un système et la signaler à la société concernée sans l’exploiter ou ils peuvent accéder à un système sans autorisation pour découvrir des vulnérabilités et les exploiter pour leur propre bénéfice.

Cybersécurité : Quels sont les meilleurs VPN pour entreprise ?

Les hacktivistes

L’hacktivisme est une forme de militantisme, ce terme est la contraction de hacker et activisme.

Les hacktivistes sont des personnes qui utilisent les techniques de piratage informatique pour promouvoir des idéologies ou des causes politiques. Ils peuvent cibler des gouvernements, des entreprises ou des organisations qui, selon eux, sont en désaccord avec leurs convictions.

Les actions des cybermilitants peuvent inclure des attaques DDoS pour perturber les sites web, la publication de données privées volées, ou la propagation de logiciels malveillants.

Les hacktivistes peuvent être considérés comme des grey hat ou des black hat en fonction de la nature de leurs actions et de leurs motivations. Ça dépend surtout de la perception de la population par rapport à leurs actions et revendications.

Illustration : Film Blackhat

Il est compliqué de nommer des groupes d’hacktivistes, les anonymous sont sans aucun doute les plus connus.

Les script-kiddies

Le terme script-kiddies est assez péjoratif et pourtant les dégâts causés par ces personnes peuvent être assez important.

Souvent sous estimés, les script-kiddies (gamins à script) sont des personnes qui utilisent des scripts ou des outils de piratage préécrits pour effectuer des attaques informatiques, sans avoir une compréhension réelle des techniques utilisées.

Ils peuvent être considérés comme des hackers amateurs ou des utilisateurs non expérimentés. Leur impact est généralement moins important que celui des hackers expérimentés.

Les script-kiddies peuvent utiliser des outils tels que les programmes de déni de service distribué (DDOS), des kits d’exploitation de failles, et des scripts de piratage pour pourrir ou s’introduire un système. Ces gamins à script sont majoritairement considérés comme des black hat.

De nos jours, il n’y a plus vraiment de profil type pour un script-kiddie, mais pendant longtemps, la plupart d’entre eux étaient des adolescents.

Autres couleurs

Illustration : Série Mr robot

©Mr Robot

En plus des termes white hat, black hat et grey hat (je vois parfois passer le terme gray), il existe d’autres termes couramment utilisés pour décrire différents types de hackers.

      • Les Green Hats (chapeau vert) sont souvent des débutants dans le monde de la cybersécurité qui cherchent à apprendre les compétences nécessaires pour devenir des hackers éthiques.
      • Les Blue Hats (chapeaux bleus) constituent une catégorie de pirates novices, souvent motivés par la vengeance envers une personne ou une organisation qui les a contrariés. Contrairement aux Script Kiddies, ils n’ont aucun désir d’apprendre ou de développer de réelles compétences techniques, et se contentent d’utiliser des méthodes de cyberattaque simples.

        À l’origine, le terme BlueHat avait été utilisé par Microsoft pour désigner des hackers invités à tester des failles de sécurité avant la sortie d’un produit. Cependant, dans le milieu actuel de la cybersécurité, les experts s’accordent à dire que cette terminologie n’a plus vraiment cours, le rôle correspondant ayant été absorbé par celui de pentesteur.

      • Les Red Hats (chapeau rouge) sont des hackers qui cherchent à protéger les systèmes en utilisant des méthodes plus agressives que les hackers éthiques. Leur objectif est la traque et la neutralisation des cybercriminels. Les moyens qu’ils utilisent ne sont d’ailleurs pas toujours légaux.

Ces termes ne sont pas aussi couramment utilisés que les autres et les hackers eux-mêmes sont parfois dubitatifs avec ces couleurs… d’autant qu’il en existe d’autres. Disons simplement que c’est communément admis.

Pour en savoir plus : Histoire du hacking (chapitre 1/3)

Les Teams : un modèle d’organisation, pas une question d’éthique

À la différence des chapeaux (White Hat, Black Hat, etc.) qui décrivent une intention qu’elle soit morale ou légale, c’est-à-dire pourquoi un hacker agit, les Teams désignent une fonction opérationnelle dans une structure de cybersécurité, autrement dit ce que ces professionnels font.
On les retrouve souvent dans les entreprises, les administrations ou les exercices militaires de cyberdéfense.

En d’autres termes, les chapeaux définissent l’éthique, les teams définissent le rôle.

Les principales Teams de cybersécurité

Dans la pratique, ces équipes colorées représentent les différents rôles opérationnels au sein d’un dispositif de défense numérique.
Elles s’affrontent, coopèrent ou s’observent selon le type d’exercice. Certaines se concentrent sur l’attaque, d’autres sur la défense, et d’autres encore sur la coordination.

Red Team : L’attaque contrôlée

C’est l’équipe offensive.
Son rôle est de simuler des attaques réelles contre une infrastructure pour tester les défenses : intrusion réseau, phishing ciblé, exploitation de failles logicielles, voire tests physiques (accès aux locaux).
Les membres d’une Red Team sont souvent des pentesteurs expérimentés capables de penser comme des cybercriminels, mais agissent avec autorisation.
Leur mission est de trouver les failles avant que les vrais attaquants ne les exploitent.
Si vous voulez creuser le sujet côté pratique, jetez un œil à Synacktiv, des pentesteurs français qui publient beaucoup et organisent des formations sur le red teaming.

Illustration : hackers red Team Synacktiv
© Synacktiv 2025

Blue Team : La défense en action

C’est l’équipe défensive.
Elle surveille les systèmes, analyse les journaux, repère les intrusions et met en place des contre-mesures.
Son objectif est d’assurer la détection, la réaction et la résilience face aux attaques.
Leur mission est de défendre le terrain et renforcer les lignes après chaque assaut.

Purple Team : Le pont entre attaque et défense

La Purple Team fait le lien entre les deux précédentes.
Elle favorise la collaboration : les Red Teams partagent leurs techniques d’attaque, les Blue Teams les transforment en leçons pratiques.
Leur mission est de transformer les simulations en apprentissage collectif.

Green Team : L’équilibre et la prévention

La Green Team est un ajout plus récent, issu du monde DevSecOps.
Elle se concentre sur la prévention : construire des systèmes plus sûrs, automatiser la détection et intégrer la sécurité dès la conception.
Mais elle joue aussi souvent un rôle d’arbitre et de coordinateur entre les autres équipes.
Leur mission est de maintenir l’équilibre et traduire les enseignements en actions concrètes.

Dans les exercices plus anciens (comme les compétitions CTF ou les entraînements militaires), ce rôle d’arbitrage revenait à la White Team, chargée de poser les règles et d’évaluer les performances.
Dans les environnements plus récents, la Green Team a repris cette fonction, avec une approche plus adaptative et orientée amélioration continue.

Yellow Team : Les développeurs du changement

Elle se concentre sur la sécurité logicielle.
La yeallow Team travaille main dans la main avec la Green Team pour intégrer des pratiques sûres dès le développement.
Leur mission est de faire de ce que l’on appelle le code propre un premier rempart de sécurité.

Pour conclure

En conclusion, non, tous les hackers ne sont pas des mecs en sweat noir cloitrés dans un vieux hangar, il y a aussi des pirates barbus qui rôdent dans leur salon et parfois même dans le votre si votre réseau domestique n’est pas assez sécurisé.

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A propos de l'auteur : Lisa

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Le PEPR « Cybersécurité » lancé en 2021 a-t-il atteint son objectif 2025 ?

Le PEPR « Cybersécurité » lancé en 2021 a-t-il atteint son objectif 2025 ?

Le Programme et Équipements Prioritaires de Recherche (PEPR) « Cybersécurité » a été lancé en 2021 dans le cadre de la stratégie nationale d’accélération de la cybersécurité. Il visait à tripler le chiffre d’affaires du secteur d’ici 2025, tout en renforçant la souveraineté de la France et en réduisant sa dépendance aux technologies étrangères.
L’ensemble de cette stratégie avait été annoncé avec un budget supérieur à un milliard d’euros, mais le PEPR représentait une enveloppe annuelle d’environ 65 millions d’euros. Aujourd’hui en 2025, le programme a-t-il atteint ses objectifs ?

Les fondations du PEPR Cybersécurité

Il y a quatre ans, le Président Emmanuel Macron affirmait que le nouveau plan cybersécurité soutiendrait et stimulerait le secteur, Gildas Avoine a été nommé pilote scientifique CNRS du PEPR.
Le programme devait fédérer l’informatique, les mathématiques, l’électronique et le traitement du signal, en mettant l’accent sur la cryptographie et la sécurisation des données, du matériel, des systèmes numériques, des logiciels et des réseaux.

Le CNRS, l’un des trois opérateurs nationaux chargés de la recherche, reconnaissait déjà en 2021 les défis du secteur : améliorer la sécurité nationale et se protéger contre les menaces liées au télétravail, aux achats en ligne ou à la télémédecine. Gildas Avoine avait identifié dix projets prioritaires impliquant plus de 1000 personnes au sein des trois organisations.

Intégration au plan France 2030

En février 2022, le site du gouvernement rendait compte des premiers résultats du programme et annonçait son intégration au plan d’investissement France 2030. Le rapport soulignait que trois appels à projets avaient été lancés et que des technologies cyber innovantes et stratégiques seraient financées à hauteur de 150 millions d’euros.
Un soutien significatif à l’entrepreneuriat a également été mis en place : trois start-ups ont été incubées dès les premiers mois, et 50 autres dossiers étaient en cours d’examen.

Une ambition à long terme

La dépendance de la France aux technologies étrangères pourrait exposer le pays à des risques. En soutenant la recherche sur la cryptographie post-quantique, la conception sécurisée de matériel et les infrastructures numériques, le gouvernement entendait s’assurer que la France ne serait pas laissée pour compte.

Le programme reflète une prise de conscience : la cybersécurité touche tous les aspects de la vie quotidienne. Les experts incitent souvent le public à adopter des mesures simples, installer un antivirus, mettre à jour ses appareils, ou installer un VPN pour naviguer plus sereinement mais la stratégie nationale exige un investissement plus profond dans la recherche et l’innovation.
Illustration : Cybersécurité réseau

Comment améliorer la sécurité nationale grâce à la cybersécurité ?

Les cyberattaques perturbent souvent des infrastructures critiques, comme les hôpitaux ou les réseaux de transport. Accroître les investissements dans des domaines comme l’intelligence artificielle ou les infrastructures cloud sécurisées permet de réduire les vulnérabilités.
L’innovation est également clé : encourager la collaboration entre recherche publique, entreprises privées et agences de défense est essentiel pour la cybersécurité d’un pays.

D’autres pays ont adopté des approches similaires. Les États-Unis, par exemple, lient cybersécurité et dépenses de défense, l’Allemagne investit massivement pour protéger ses systèmes industriels, y compris ses réseaux de transport et ses sites de production.

Pourquoi la cybersécurité est-elle une préoccupation ?

Ces dernières années ont montré la vulnérabilité des pays et des entreprises face aux cyberattaques. Des incidents très médiatisés ont mis en évidence l’ampleur et la sophistication des menaces de nouvelle génération. Les attaques par ransomware ont ainsi perturbé des hôpitaux, des réseaux de transport et des chaînes d’approvisionnement, interrompant parfois des services critiques pendant plusieurs jours.

En 2021, l’attaque du Colonial Pipeline aux États-Unis a provoqué des pénuries de carburant sur toute la côte Est, tandis que l’attaque contre Kaseya a ciblé des centaines d’entreprises via une seule faille logicielle.

Les institutions gouvernementales sont également des cibles de choix. En 2020, plusieurs pays ont signalé des intrusions dans des agences de santé et des laboratoires de recherche, certaines liées au développement rapide des vaccins contre le COVID-19. Ces attaques ont montré que des données sensibles, allant des informations de santé aux plans d’infrastructures critiques, pouvaient être volées ou prises en otage, avec des conséquences potentiellement graves.

La fréquence et la complexité de ces attaques s’expliquent par plusieurs facteurs : la digitalisation accrue des services, le télétravail, et la professionnalisation des cybercriminels, parfois soutenus par des États. C’est pourquoi des nations comme la France investissent massivement dans la recherche et l’innovation en cybersécurité : défendre contre les cybermenaces est un enjeu central de sécurité nationale.

Qu’est-ce que la cryptographie post-quantique ?

La cryptographie post-quantique (PQC) désigne un ensemble d’algorithmes cryptographiques conçus pour rester sécurisés face aux ordinateurs quantiques à grande échelle. Les systèmes classiques (RSA ou cryptographie à courbe elliptique) reposent sur des problèmes mathématiques difficiles pour les ordinateurs classiques. Par exemple, la sécurité de RSA dépend de la factorisation de très grands nombres.

Les ordinateurs quantiques, eux, utilisent des principes différents, superposition, intrication, pour résoudre certains problèmes beaucoup plus rapidement. L’algorithme de Shor, par exemple, permettrait à un ordinateur quantique puissant de casser RSA et d’autres schémas similaires, rendant une grande partie de la sécurité actuelle d’internet vulnérable.

Illustration : Ordinateur quantique
Ordinateur quantique – image d’illustration

L’objectif de la PQC est de développer de nouveaux algorithmes résistants aux attaques quantiques tout en restant efficaces sur les infrastructures numériques actuelles. Les chercheurs travaillent sur plusieurs familles d’algorithmes, basées sur différents problèmes mathématiques jugés difficiles à résoudre pour les ordinateurs classiques et quantiques.

Le concept de « récolter aujourd’hui, déchiffrer demain » illustre l’urgence de la PQC. Les informations sensibles transmises aujourd’hui,données financières, secrets d’État, informations personnelles, pourraient être interceptées et stockées en attendant que les ordinateurs quantiques soient suffisamment puissants pour les décrypter. La recherche et la normalisation sont donc capitales dès maintenant, même avant la généralisation des ordinateurs quantiques.
Des gouvernements et organisations du monde entier travaillent sur ce défi. Le NIST aux États-Unis organise un concours pluriannuel pour identifier et standardiser des algorithmes post-quantiques adoptables à grande échelle. En Europe, des initiatives comme le PEPR français mettent également l’accent sur la PQC.
En anticipant les menaces liées à l’informatique quantique, la PQC vise à protéger les données sensibles et les infrastructures critiques pour les décennies à venir, garantissant ainsi la sécurité nationale sur le long terme.

Où en est le programme français aujourd’hui ?

Les résultats financiers du PEPR n’ont pas été rendus publics, mais le programme a créé une dynamique : universités et institutions publiques collaborent, et les start-ups sont encouragées. La France s’est positionnée comme un acteur crédible en cybersécurité, capable de contribuer aux stratégies européennes.
Le succès du PEPR dépendra de la manière dont les initiatives de recherche se traduiront en adoption généralisée. Les prochaines années montreront si la France est moins vulnérable aux cyberattaques et plus autonome technologiquement.
En termes de chiffres purs, il est difficile de mesurer si les objectifs ont été atteints, mais la dynamique et les ambitions du plan demeurent.