Sextorsion : définition, risques et comment réagir
Sextorsion : définition, risques et comment réagir
La sextorsion est une forme de chantage qui consiste à menacer de diffuser des images ou des vidéos à caractère sexuel, qu’elles soient réelles, volées ou fabriquées. Il s’agit d’une infraction grave. Elle vise le plus souvent à obtenir de l’argent, mais peut aussi servir à extorquer d’autres contenus intimes ou des informations personnelles.
Les applications de rencontre, les réseaux sociaux et les messageries en ligne sont des terrains propices à la sextorsion. Les criminels peuvent se faire passer pour de véritables partenaires potentiels et convaincre leurs interlocuteurs d’envoyer du contenu à caractère sexuel. Une histoire en apparence romantique peut alors très vite se transformer en véritable cauchemar.
Qu’est-ce que la sextorsion ?
Le terme « sextorsion » est un mot-valise formé à partir de « sexe » et « extorsion ». Il désigne un chantage fondé sur la menace de diffuser ou d’utiliser des images, des vidéos, des conversations ou des informations relevant de la vie intime et sexuelle d’une personne. Les contenus peuvent être authentiques, volés, enregistrés à l’insu de la victime ou entièrement fabriqués.
L’objectif n’est pas nécessairement de publier ces contenus. La menace sert principalement à obtenir de l’argent, de nouvelles images intimes, des informations personnelles ou à contraindre la victime à adopter un comportement précis.
La sextorsion repose largement sur des techniques d’ingénierie sociale. Les auteurs cherchent à instaurer rapidement un climat de confiance, à créer une proximité affective ou sexuelle et à recueillir des informations sur l’entourage de leur cible. Ils exploitent ensuite la peur, la honte et le sentiment d’urgence pour pousser la victime à céder.
La sextorsion peut également s’accompagner de doxxing lorsque les auteurs publient, ou menacent de publier, des informations personnelles telles que l’identité, les coordonnées, le lieu de travail ou les comptes en ligne de la victime.
Elle peut notamment prendre les formes suivantes :
- menacer de publier un contenu intime sur les réseaux sociaux ou d’autres plateformes ;
- menacer de l’envoyer à la famille, aux amis, aux collègues ou à l’employeur de la victime ;
- utiliser d’anciennes images intimes dans le cadre d’un conflit avec un ancien partenaire ;
- fabriquer un faux contenu sexuel ou prétendre en posséder un afin de rendre la menace crédible.
La honte, la peur et l’anxiété peuvent retarder le signalement des faits ou dissuader une victime de porter plainte. Une victime n’est toutefois jamais responsable du chantage, même lorsqu’elle a initialement partagé un contenu intime de son plein gré.
Comment les criminels obtiennent-ils des informations pour pratiquer la sextorsion ?
La sextorsion peut être commise par une personne connue de la victime, comme un ancien partenaire, mais aussi par un inconnu rencontré sur un réseau social, une messagerie ou une application de rencontre. L’essor des AI girlfriends et autres compagnons virtuels offre également de nouveaux prétextes pour amorcer des échanges intimes et recueillir des informations sensibles.
Les auteurs utilisent principalement les méthodes suivantes :
- Ils recourent à l’ingénierie sociale pour instaurer une relation de confiance et pousser la victime à envoyer des contenus intimes ou à accomplir des actes sexuels devant une caméra.
- Ils enregistrent des appels vidéo, réalisent des captures d’écran ou conservent des contenus initialement envoyés comme éphémères.
- Ils accèdent à des photos, des vidéos ou des conversations en compromettant un compte, une messagerie ou un appareil.
- Ils peuvent prétendre détenir une vidéo compromettante ou fabriquer de faux contenus sexuels à partir de photos ordinaires. Une personne peut donc être victime de sextorsion sans avoir envoyé de véritable contenu intime.
Dans certains cas, un ancien partenaire utilise également des images obtenues au cours de la relation pour menacer la victime de les diffuser sans son consentement.
La sextorsion est punie par la loi
En France, la sextorsion constitue une infraction pénale relevant notamment du chantage. Lorsqu’elle est commise en ligne au moyen d’images ou de vidéos à caractère sexuel, ou dans le but d’en obtenir, elle est punie de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende.
Lorsque la victime est mineure, d’autres infractions et sanctions peuvent également s’appliquer selon la nature des faits, notamment en cas de création, de détention ou de diffusion d’images à caractère pornographique.
Reconnaître les personnes qui tentent de pratiquer la sextorsion
Tout le monde peut être victime d’une sextorsion.
Certains signes doivent vous alerter :
- La personne est à l’origine de l’échange de contenus sexuels. Elle fera toujours le premier pas.
- La communication avec la victime vise à établir la confiance. Cela va généralement très vite.
- Le criminel pose des questions sur la famille, les amis ou même la situation financière.
- La personne esquive les appels vidéo, ce qui signifie qu’elle pourrait ne pas être ce qu’elle prétend être.
Comment réagir aux menaces de sextorsion ?
La sextorsion peut provoquer un sentiment de panique et pousser la victime à agir dans l’urgence. Il est pourtant essentiel de ne pas céder aux exigences du maître chanteur.
Ne payez pas et n’envoyez aucun nouveau contenu intime. Conservez les messages, les captures d’écran, les coordonnées du profil et les éventuelles demandes de paiement. Verrouillez également vos comptes sur les réseaux sociaux afin de masquer votre liste de contacts et vos informations personnelles, puis signalez et bloquez l’auteur des menaces.
Si vous pensez qu’un compte a été compromis, modifiez immédiatement son mot de passe, ainsi que celui des autres services sur lesquels vous utilisiez le même, et activez la double authentification.
Les faits peuvent être signalés ou faire l’objet d’une plainte en ligne sur la plateforme THESEE lorsque le chantage et la demande d’argent se sont déroulés entièrement en ligne. Dans les autres situations, il est possible de déposer plainte auprès d’un commissariat, d’une brigade de gendarmerie ou du procureur de la République.
Les e-mails de sextorsion envoyés en masse
Certains escrocs affirment par e-mail avoir piraté votre webcam, enregistré votre navigation sur des sites pornographiques ou découvert un comportement illégal. Ces messages sont généralement envoyés en masse et ne prouvent pas qu’un appareil a réellement été compromis.
L’expéditeur peut citer une ancienne adresse ou un ancien mot de passe provenant d’une fuite de données afin de rendre sa menace crédible. Ne répondez pas, ne payez pas et ne cliquez sur aucun lien. Conservez le message, signalez-le comme indésirable et remplacez immédiatement le mot de passe mentionné s’il est encore utilisé.
Sextorsion : rester vigilant sans culpabiliser
La prudence en ligne peut réduire les risques : protégez vos comptes, limitez l’exposition de vos informations personnelles et restez attentif aux personnes qui cherchent à instaurer trop rapidement une relation intime ou à vous faire quitter une plateforme sécurisée.
Aucune mesure ne permet toutefois d’éliminer totalement le risque. Des contenus peuvent être enregistrés sans consentement, volés ou fabriqués à l’aide de l’intelligence artificielle. Une personne victime de sextorsion n’est donc jamais responsable du chantage exercé contre elle.
Face à une menace, l’essentiel est de ne pas céder, de conserver les preuves, de sécuriser ses comptes et de signaler rapidement les faits.

A propos de l'auteur : Lisa
Fondatrice de VPN Mon Ami
Avec plus de 12 ans d'expérience dans le domaine des VPN, j'écris de nombreux articles pour sensibiliser les internautes à la confidentialité en ligne.

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